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Paul invité sur le Desert Island Disc
13 janvier 2014
16:04:03
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Mull of Kintyre
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Desert Island Discs est un programme classique et presque culte de la BBC. La première émission date de Janvier 1942 et a été présentée par Roy Plomley jusqu’en 1985. Depuis 2006, l'émission est présentée par Kirsty Young. Le principe est simple : chaque invité (ou « castaway », c’est-à-dire naufragé) doit choisir huit morceaux de musique, un livre et un objet « de luxe » qu’il emporterait s’il devait se retrouver sur une île déserte. L’invité discute alors de ses choix personnels avec l’animateur.
 
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Le samedi 30 Janvier 1982, Paul McCartney a répondu aux questions de Roy Plomley…

Je vous propose de découvrir ce programme mythique outre-Manche.
Tout d’abord voici le lien vers l’émission à laquelle Paul a été invité.

http://www.bbc.co.uk/radio4/fe.....0#p009ml01 
 
Vous pouvez également sélectionner dans la case « find castaways and choices » les interviews de tous ceux qui comptent en art, politique, musique, littérature, religion (et j’en oublie) sur la scène britannique et internationale depuis plusieurs décennies, mais également choisir d’entendre ceux qui ont retenu un morceau des Beatles, ensemble ou séparés – pour peu que le podcast soit disponible.

Je vous propose la version traduite de l’intervention de Paul pour qu’elle soit lisible par un maximum de visiteurs. Si vous en voulez la retranscription en anglais, let me know… et je m’y mettrai …

Enjoy !

Roy – Cette semaine nous célébrons un anniversaire. Il y a maintenant 40 ans que j’ai commencé à présenterDesert Island Disc et je suis heureux de dire que mon 1630e naufragé est Paul McCartney. Compositeur, musicien et ex-Beatle. Paul, jusqu’à quel point pouvez-vous supporter la solitude sur une longue période ?

Paul – Bonne question. Je passe ! Question suivante ! ... Sérieusement, je ne sais pas vraiment. Quand j’étais enfant, cela ne me gênait pas trop. Depuis, je n’ai jamais vraiment été seul. Mais la solitude ne me gênait pas trop.

Roy – Avez-vous en tête une chose que vous seriez heureux de laisser derrière vous ?

Paul – Oui. Je dirais les gens qui prennent des photos quand je ne veux pas être pris en photo. C’est sûrement la chose qui ne me manquerait pas.

Roy – Avez-vous une grande collection de disques ? Avez-vous gardé vos vieux disques ? 

Paul – Non, c’est affligeant. Je regrette de ne pas avoir ne serait-ce qu’acheté chaque disque que j’ai fait, ou même gardé l’exemplaire gratuit qu’on me donnait.

Roy – Vous pouvez emporter huit disques sur l’île déserte. Par quoi commencez-vous ?

Paul – Le 1e est Heartbreak Hotel d’Elvis Presley. Cela me ramène à l’époque où j’ai acheté mes premiers disques. Jusque là on achetait pas mal de Billy Cotton, du swing ou du be bop. Et soudain le rock’n’roll est arrivé sur la scène, et Elvis est un des premiers à avoir attiré mon attention. Je me souviens que j’étais à l’école quand son disque est sorti. Un détail intéressant sur ce disque : quand nous sommes allés à Nashville bien des années plus tard, ma femme Linda s’est débrouillée pour découvrir où se trouvait la contrebasse qu’on pouvait entendre sur ce disque. Cette basse appartenait à un type nommé Bill Black, que les férus de rock connaissent comme étant le bassiste d’Elvis, et Linda a réussi à mettre la main dessus. Je possède donc maintenant cette basse dans ma collection. Plutôt étonnant.

Roy – En jouez-vous ? 

Paul – Je ne suis pas très bon sur cette basse parce que j’ai appris à jouer sur des guitares basses électriques. Mais je m’entraine. C’est quelque chose de très différent, ça n’a rien à voir.

http://www.youtube.com/watch?f.....otB76gi2_4

Roy – Ce n’est pas un scoop : vous venez de Liverpool, d’une famille Irlandaise de Liverpool. Je crois que votre mère était infirmière. Et vous avez eu la douloureuse expérience de la perdre pendant votre adolescence. Votre père était représentant...

Paul – Oui, négociant en coton et tissus

Roy – Et, plus important encore, il était musicien.

Paul – Oui, il avait un orchestre à lui appelé le Jim Mac’s Band.

Roy – A-t-il appris ou jouait-il à l’oreille ?

Paul – Non, il jouait à l’oreille. Je crois que mon père était un grand pianiste, pas forcément techniquement parlant mais … Il me disait toujours que si tu vas à une soirée, c’est pratique de savoir jouer du piano car tout le monde vous offre un verre…

Roy – Ce que jouait votre père ne vous intéressait pas vraiment ?

Paul – J’étais plus intéressé par le rock’n’roll

Roy – Quelle a été votre 1e influence ?

Paul – Je pense que c’était Elvis. Le 1e disque que j’ai acheté était Be Bop a Lula de Gene Vincent. A cette époque c’était vraiment la musique qui me donnait des frissons dans le dos. C’était, pour moi, une direction tout à fait différente. Des gens très respectables chantaient jusqu’alors, et puis sont arrivés des chanteurs habillés de manière étrange, avec leurs guitares et leurs cheveux gominés. Lonnie Donegan était mon autre influence. C’est sa musique qui poussait beaucoup de gamins à acheter des guitares à l’époque. 

Roy – Quand avez-vous acheté votre 1e guitare ? Combien de temps avez-vous dû attendre avant d’en acheter une ? Ou quelqu’un vous en a-t-il offert une ?

Paul – Mon père m’a acheté une trompette, car il en a joué jusqu’à ce que ses dents cèdent et qu’il s’achète un dentier. Il était trompettiste et pianiste. C’est pourquoi il m’a acheté une trompette. C’était vers la fin de cette mode pendant laquelle tout le monde voulait jouer de la trompette. Mais je me suis dit que je ne pouvais pas chanter en même temps que jouer de la trompette ! Brillant, non ? Alors j’ai échangé la trompette contre une guitare. Que j’ai encore, d’ailleurs – une Zénith. Je suis rentré à la maison, et je n’arrivais pas à en jouer car je suis gaucher et la guitare était pour droitier. Alors j’ai changé les cordes …

Roy – Quel est votre 2e disque ?

Paul – Le disque n° 2, Sweet Little Sixteen par Chuck Berry.

Roy – Pourquoi ? 

Paul – A la place de tous les disques que j’ai choisis aujourd’hui, j’aurais pu choisir une autre chanson du répertoire de ces artistes… Mais j’ai choisi à chaque fois un titre qui les résume. Pour Chuck Berry, c’était Sweet Little Sixteen

http://www.youtube.com/watch?f.....RLDopWVAvw

Roy – Vous vous êtes trouvé une guitare puis, bien sûr, vous êtes allé voir des groupes de la région pour observer la technique pour en jouer. Quels groupes vous ont impressionnés ?

Paul – Cliff et les Shadows, Lonnie Donegan, étaient des gloires nationales. Dans notre région, il y avait un groupe, Cas and the Casanovas. Je connaissais Cas car j’avais été à l’école avec lui. Et à cette époque, il y avait pas mal de concours de skiffle. Et un de mes amis s’est inscrit à un de ces concours. J’ai commencé à m’y intéresser… ils se sont bien débrouillés … Après ça nous nous sommes inscrits à un concours auquel nous avons échoué lamentablement. Nous nous sommes fait battre par une femme qui jouait de la musique avec des cuillères.

Roy – Il y avait un groupe qui s’appelait, de manière peu glamour, les Quarrymen. Quel était leur niveau ?

Paul – The Quarrymen était le groupe de John. John allait dans une école qui s’appelait Quarrybank, ce qui a donné le nom au groupe. J’allais dans une autre école où un de mes amis, Ivan Vaughan, connaissait John – c’était un de ses voisins. Un jour il m’a invité à venir à une de ces fêtes de quartier, la fête de Woolton, pendant laquelle les Quarrymen ont joué du skiffle. John faisait le show, et j’étais très impressionné. Je suis allé dans les coulisses et nous avons discuté. Il venait de finir son spectacle, et il était un peu saoul. J’avais deux ans de moins que lui (j’avais 14 ans et lui 16). Et je connaissais les paroles de la chanson d’Eddie Cochran, Twenty Flight Rock. C’est ce qui m’a permis d’entrer dans le groupe. J’ai donc écrit les paroles pour lui, et il était très impressionné que je connaisse les paroles ainsi que deux ou trois accords. Je n’y ai plus vraiment repensé. Et c’est deux ou trois semaines plus tard qu’ils m’ont demandé de me joindre au groupe (tout ça parce que je connaissais les paroles !) Et je chantais des morceaux de Little Richard.

Roy – Vous avez ensuite changé de nom pour un nom plus engageant, Johnny And The Moondogs. Est-ce que ça a changé quelque chose ?

Paul – Non, pas du tout. Mon père changeait constamment le nom de son groupe parce que personne ne voulait d’eux une 2e fois… donc, le seul moyen de se faire engager plusieurs fois était de changer de nom. C’est un peu ce qui nous est arrivé jusqu’à ce qu’on décroche une audition pour Larry Parnes. Il avait organisé une audition pour trouver un groupe qui jouerait derrière les artistes dont il s’occupait, comme Johnny Gentle. Et je crois que c’est lors de cette audition qu’on nous a suggéré d’abandonner Moondogs pour Silver Beetles …

Roy – Quand avez-vous goûté à la gloire pour la 1e fois ?

Paul – Pendant cette tournée avec Johnny Gentle. Ca nous a vraiment monté à la tête, on est devenu fous, on écrivait à nos familles pour leur dire que les gens nous demandaient des autographes. Nous nous sommes trouvé d’autres noms : moi, j’étais Paul Ramon.

Roy – Disque n°3 ?

Paul - Courtly Dances, from Gloriana, de Benjamin Britten. J’ai toujours une preference pour le rock, mais j’aime pas mal de morceaux classiques. Je n’y connais pas grand-chose, mais j’aime les grands airs… donc c’est sûrement ce disque que je prendrais. Pour moi il a quelque chose de spécial. Je l’adore depuis des années.

http://www.youtube.com/watch?f.....eBRaV12OME

Roy – Les Beatles jouaient maintenant pour de vrais managers, faisaient de vraies tournées et, par hasard, vous avez eu un contrat à l’étranger

Paul – Un promoteur étranger est venu à Liverpool et a discuté avec un de nos amis promoteurs à Liverpool. Et il lui a dit qu’il voulait engager quelques groupes de Liverpool, un peu comme du rock’n’roll bon marché pour ses clubs. On nous a demandé d’y aller, et nous sommes allés voir mon père pour lui parler de cette merveilleuse opportunité, £15 par semaine, ce qui était une belle somme à l’époque !

Roy – Chacun ?

Paul – Chacun ! J’étais si impressionné que j’ai écrit à mon ancien directeur d’école pour lui dire que j’étais assuré d’avoir cet engagement pour £15 par semaine… 

Roy – c’était au Kaiserkeller

Paul – Oui, the King’s Cellar, la cave du Roi, sur la Grosse Freiheit, une rue près de la Reeperbahn, probablement le quartier le plus chaud d’Hamburg

Roy – Vous jouiez combien d’heures par soir ?

Paul – Parfois nous jouions 8 heures par jour. A l’époque cela nous a épuisés. Quand je suis rentré en Angleterre, mon père a eu l’impression que j’étais un zombie, avec rien que la peau sur les os. Je ne m’étais pas rendu compte, j’avais l’impression de bien m’éclater, à rester debout tard le soir…

Roy – Quelqu’un était-il là pour, en quelque sorte, vous chapeauter ?

Paul – Quand nous sommes arrivés à Hamburg, sans aucune expérience, il y avait le manager, un type qui s’appelait Willy, qui nous répétait « Mach Schau, mach schau… », « make show », c’est-à-dire faites le spectacle – nous, on se contentait d’être sur la scène et de jouer, ce qui était bien suffisant à Liverpool, mais à Hamburg … Les gens entraient par la porte du club, en fait ils passaient la tête dans l’entrebâillement de la porte pour voir le prix de la bière, et parfois ils apercevaient vaguement le groupe qui jouait sur scène… Donc, il faillait qu’on fasse des Ooh Ooh et qu’on crie pour inciter les gens à entrer. C’était une très bonne école pour prendre confiance en nous

Roy – De retour de Liverpool, en tant que vedettes internationales tout droit venues du continent … 

Paul – Tous les gosses de Liverpool nous prenaient pour des Allemands, car la pub disait « tout droit venus de hamburg », et ils étaient surpris de nous entendre parler Anglais

Roy – Est-ce à cette époque que vous avez commencé à jouer à la Cavern ?

Paul – La chronologie exacte des événements est un peu confuse, car pour moi, à cette époque, on vivait tout cela à 100 à l’heure, mais en effet, c’est sûrement à peu près à cette époque

Roy – Je ne l’ai jamais visitée, mais de ce que j’ai entendu dire, cela devait ressembler à un enfer qui confinait à la claustrophobie

Paul – Cela doit dépendre des gens, car pour ma part, j’adorais. Cela rendait en effet claustrophobe, mais c’était génial

Roy – Passons maintenant au disque n°4

Paul - Be-Bop-A-Lula, par Gene Vincent, le tout premier disque que j’aie jamais acheté, c’est pourquoi c’est un disque très spécial pour moi. Il la chantait dans un film intitulé The Girl Can’t Help It et ça a toujours été une de mes favorites. Nous avons rencontré Gene plus tard à Hamburg. Mais comme je l’ai déjà dit, premier disque, énorme impression

http://www.youtube.com/watch?f.....HKaXKOifMI

Roy – Les Beatles suaient sang et eau sur les scenes de Liverpool et de Hamburg. Dans quelle mesure John et vous vous étiez-vous mis sérieusement à la composition de chansons ?

Paul – Dès les tout premiers jours des Beatles, John et moi passions du temps en dehors de l’école et nous allions chez moi – on séchait en fait… Je préparais une pipe que je remplissais de Thé Typhoo [N. de la T. : marque très populaire en GB] (mon père ne laissait jamais de tabac à la maison, il n’y avait que des pipes vides), et nous fumions des feuilles de thé, et on était là, assis à la manière d’artistes comme Dylan Thomas, et c’est là que nous avons commencé à travailler ensemble

Roy – Comment travailliez-vous ensemble ? 

Paul – Nous prenions les idées comme elles arrivaient, on n’avait pas de méthode particulière, ce qui est sûrement un des raisons pour lesquelles ça marchait. Souvent on s’asseyait avec chacun sa guitare, et si aucun d’entre nous n’avait d’idée, on commençait à en chercher une… ou, le plus souvent, l’un d’entre nous avait eu une idée, un premier vers, un autre, ou un refrain… et on continuait…

Roy – Les Beatles avaient acquis une assez bonne réputation dans la région, mais ce dont ils avaient besoin, c’est d’un homme pour s’occuper des affaires du groupe

Paul – Oui, il y avait un homme à Liverpool qui possédait un magasin de disques, en fait son père possédait le magasin, et un jour on lui a demandé un disque que nous avions enregistré à Hamburg, sur lequel on avait accompagné un chanteur appelé Tony Sheridan. Le disque s’appelait Tony Sheridan and the Beat Boys – ils n’aimaient pas le nom de Beatles, et pour le marché allemand, ils ont changé le nom et on trouvé quelque chose de plus simple. Donc, c’était le disque, My Bonnie, qu’un client avait demandé à Brian, mais Brian n’en avait jamais entendu parler. Il a donc commencé à s’intéresser à nous et quelqu’un lui a dit qu’on jouait au bout de la rue, à la Cavern ; il est venu nous voir un jour et, apparemment, il a pensé qu’il y avait là du potentiel, car nous étions tout en cuir et en sueur à l’époque. Il nous a rendu un peu plus présentables, nous a dit que si on voulait avoir une chance à Londres, on devrait mettre des costumes, ce qu’on n’avait pas trop envie de faire, mais nous nous y sommes pliés …

Roy – Il vous a décroché des auditions pour des maisons de disques, ce qui était l’essentiel…

Paul - … et aucune d’entre elles n’a été intéressée. Elles nous ont toutes dit non…

Roy - … et jusqu’à ce jour, elles s’en mordent encore les doigts !

Paul – Et un jour il a rencontré un homme nommé George Martin … 

Roy – Qu’est-il devenu ?

Paul – Je ne sais pas, on n’en a plus entendu parler … ! Non, blague à part, pour ceux qui ne le savent pas encore, je suis en train d’enregistrer un nouvel album avec lui, et il est toujours aussi génial, et je l’adore

Roy – Est-ce que la compagnie qui a accepté de vous signer vous a autorisés à enregistrer des compositions Lennon/McCartney, ou est-ce qu’ils préféraient des standards ?

Paul – Non, ce qui était bien avec George Martin – maintenant, avec le recul, j’ai le fin mot de l’histoire, alors qu’on n’en savait rien à l’époque – c’est que tout le monde lui « refilait » ce dont les autres ne voulaient pas, comme les disques de comiques … il s’occupait de la partie plus légère de la compagnie de disques. Pour nous, c’était pareil, on nous a dirigés vers lui car personne ne voulait de nous. Pour lui, on avait quelque chose d’intéressant, mais il n’aimait pas vraiment nos toutes premières chansons – mais il nous a laissé enregistrer Love Me Do. Mais au départ il a suggéré que l’on enregistre de vraies chansons écrites par de vrais auteurs, vous voyez, des gens qui en avaient fait leur profession à Charing Cross. Et c’est là qu’il nous a apporté une chanson intitulée How Do You Do It ? qui fut ensuite un hit pour Gerry and the Pacemakers. Et George avait l’intuition que ce serait un succès. Et nous lui avons dit que nous n’avions vraiment pas envie de la faire, mais il a insisté en nous demandant de la faire ; nous avons enregistré une démo – quand vous l’écoutez maintenant, ce n’est pas si mal que ça – mais nous lui avons dit que nous ne voulions pas utiliser le matériel d’autres personnes et que nous voulions essayer d’écrire nos propres morceaux. Après un moment, il nous a laissé faire notre disque, qui est entré dans le Top Twenty. C’est vraiment ainsi que tout a commencé. Puis George nous a aidé et nous avons commencé à écrire de meilleures chansons

Roy – Le 5eme morceau ?

Paul – Je n’ai pas choisi de disque des Beatles, mais si nous avions plus de huit choix, je l’aurais certainement fait. Je n’ai pas choisi un des miens non plus ; j’ai choisi une chanson tirée de l’album de John Lennon, Double Fantasy. C’est une très belle chanson, que je trouve très émouvante : Beautiful Boy

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=Lt3IOdDE5iA

Roy – Je pense qu’il n’est pas utile de revenir sur l’Histoire des Beatles… En gardez-vous le souvenir d’une époque physiquement effrayante ?

Paul – Non, pas du tout. Ce côté effrayant est surtout relayé par les médias – et je ne dis pas comme un reproche, il est normal qu’ils se concentrent sur le côté plus sensationnel, et quand les gens ne lisent que cela, ils pensent que c’est la réalité. Je n’ai jamais vraiment eu peur, même quand nous avons reçu des menaces de mort sur la tournée Américaine, on a toujours pris ça au 2eme degré – ceci dit, c’est Ringo qui avait reçu les menaces et je ne crois pas qu’il ait pris ça au 2eme degré ! C’est comme quand nous sommes allés au Québec, une terre antimonarchique, qui voulait se libérer …

Roy – Ce qui n’avait rien à voir avec vous …

Paul – Non, mais nous symbolisions en quelque sorte la Grande-Bretagne et la Reine … Ces menaces ne m’ont jamais vraiment effrayé… Les gens me disaient « Waouh, il y a plein d’endroits où il doit vous être impossible d’aller » mais en fait j’allais pratiquement où je voulais. Bien sûr je ne pouvais pas descendre Oxford Street à l’heure de pointe, car la foule se serait agglutinée, mais il était possible de se balader, d’aller chez les brocanteurs … Dès que vous voyez que l’attroupement est d’une dizaine de personne, vous dites « Merci » et vous partez. En fait, vous apprenez à vous en sortir

Roy – Le morceau n°6…

Paul – C’est un morceau intitulé Searchin’ , un morceau que nous jouions à la Cavern avec les Beatles ; on avait un petit groupe de fans qui se donnaient des noms comme les Wooden Tops ; il y avait deux filles, Chris et Val, qui nous disaient « Chante Searchin’, Paul » [insistant sur l’accent Scouse]. C’était la chanson qu’elles nous demandaient tout le temps et que l’on jouait…

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=yxEODjxaIfM

Roy – Toute l’aventure des Beatles s’est retrouvée en danger quand Brian Epstein s’est tué et que l’idée de séparation devenait inévitable chez quatre hommes qui avaient leurs idées sur comment faire de la musique

Paul – Tout d’abord, je ne suis pas persuadé que Brian se soit tué, j’ai toujours pensé que c’était un accident, un mélange malheureux de pilules et d’alcool ; je n’ai jamais pensé qu’il l'avait fait exprès … Et en effet, au bout du compte, la mort de Brian a rendu le management plus difficile, et nous commencions à faire nos pas en dehors du groupe et à être un peu plus des individus – John avait fait un film, Ringo avait fait autre chose, moi aussi. Donc, inévitablement, en grandissant, cela devenait inéluctable

Roy – C’est vous qui avez continué à battre des records avec votre groupe, Wings, en vendant plus de 2 millions d’exemplaires d’un même 45 tours. Votre femme Linda est membre de ce groupe.

Paul – Oui, elle chante. Quand nous nous sommes mariés, elle n’avait jamais fait de musique. Et toutes ces choses insensées se produisaient comme la séparation des Beatles, et je lui ai simplement demandé si elle voulait faire partie d’un groupe, et elle a accepté. A l’époque, je ne savais pas vraiment comment m’y prendre, sinon repartir du début. Donc, comme avec les Beatles, on a trouvé un « van », joué quelques concerts, appris quelques morceaux, en espérant que ça nous mène quelque part. C’est ce qu’on a fait avec Wings, on a fait des concerts dans les universités, avec les enfants, les chiens, tout quoi. Et nous faisions payer 15 pence la place – plutôt une affaire ! On se contentait d’arriver dans les universités, on leur demandait s’ils voulaient qu’on joue pour eux le lendemain, ce qui les mettait en panique, et les étudiants venaient, on nous installait dans le réfectoire, ou peu importe…

Roy – Parlez-nous du reste de vos activités – vous avez une ferme en Ecosse…

Paul – Yep !

Roy – Une compagnie, trois enfants à charge …

Paul – Quatre … 

Roy – Ah oui, votre belle-fille …

Paul – Vous savez, je ne l’ai jamais appelée ma belle-fille… tout le monde veut trouver le mot juste et l’appeler ainsi, mais pour moi, c’est ma fille… je ne veux pas qu’elle sente qu’on ne la traite pas comme le reste de mes enfants… j’ai vraiment l’impression d’être le père de quatre enfants.

Roy – Le 7eme disque …

Paul - … est un disque de Little Richard. Je n’ai choisi qu’une chanson que je trouve représentative, mais il y a des millions de chansons de Little Richard que j’aime… c’est un de mes amis depuis les jours passés à Hamburg. Le disque est Tutti Frutti

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=QFq5O2kabQo

Roy – J’ai lu quelque part que vous aviez été Boy Scout

Paul – Yep

Roy – Avez-vous récolté beaucoup de badges ?

Paul – Pas beaucoup, non… j’ai le badge de la vie au camp (bivouac) 

Roy – C’est important car toutes ces connaissances vont vous être utiles sur l’île déserte

Paul – je saurai faire un bon feu … si jamais il y a du bois sur cette île

Roy – Vous êtes végétarien, n’est-ce pas ? 

Paul – oui

Roy – Et en bon fermier, vous devriez pouvoir cultiver et rendre viable cette île déserte au bout d’un an ou deux

Paul – oui, ce serait bien… tant qu’il y a un peu de pluie

Roy – Tenteriez-vous de vous échapper ?

Paul – Probablement…

Roy – Vous y connaissez-vous en bateau ?

Paul – Non, je suis un piètre marin – ce serait là une petite difficulté ! Je me contenterais sûrement d’agiter des mouchoirs à destination des navires qui passent par là, mais de toute façon je crois que je tenterais le coup, j’en suis sûr

Roy – Votre dernier disque

Paul – C’est une chanson qui a été écrite par mon père. A ma connaissance il n’en a écrit qu’une seule… je lui ai demandé « tu te rappelles cette chansons que tu as écrite » et il m’a répondu « je n’ai pas écrit de chanson, mon fils » « Si, Walking in the Park with Heloise », « je ne l’ai pas écrite, je l’ai inventée »  A l’époque, c’est ce qu’on disait quand on avait écrit une chanson ; et je lui ai dit « eh bien cette chanson, je l’ai enregistrée avec quelques uns de mes amis à Nashville" – ces amis étaient Chet Atkins qui a amené Floyd Cramer avec lui, et nous avons enregistré la chanson … Mon père aimait vraiment cette chanson

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=WDU8BrIhHvw

Roy – De quel instrument jouez vous sur cette chanson ?

Paul – De la basse et de la planche à laver / washboard

Roy – si vous ne pouviez emporter qu’un seul des huit disques, lequel choisiriez-vous ?

Paul – ce serait certainement Beautiful Boy, mais le choix serait difficile

Roy – Quel serait l’objet « de luxe » que vous prendriez ? 

Paul – Sans hésitation une guitare, car je peux passer des heures absorbé dessus, à écrire des chansons

Roy – Et un livre, à part la Bible et Shakespeare, qui y sont déjà…

Paul – Je me suis vraiment posé la question, à savoir est-ce que je prends quelque chose d’impressionnant comme les Contes de Canterbury… ça me prendrait des heures à déchiffrer la version originale de Chaucer, un peu comme des mots croisés difficiles ; je l’avais déjà fait à l’école et cela ne m’avait intéressé que de très loin. J’ai choisi un livre que ma femme a publié intitulé Linda’s Pictures car il contient des photos de mes enfants et beaucoup de choses qu’a faites Linda 

Roy – Un bon livre familial. Merci Pa ul.

Paul – Merci beaucoup, Roy

 

 

If music be the food of love, play on.

13 janvier 2014
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Victor Baissait
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