Catégories
Macca

Livre 1967 L’âge d’or de la Pop

Déjà auteur d’une imposante biographie des Beatles et, plus récemment, d’une saga consacrée au groupe Oasis, Frédéric Granier s’attarde cette fois sur cette formidable année 1967, qu’il qualifie d’âge d’or de la pop.

Il faut bien reconnaître que ces douze mois ont considérablement modifié le cours de l’histoire de la musique, et Frédéric le démontre en s’appuyant notamment sur l’émission Inside Pop, présentée par le prestigieux compositeur Leonard Bernstein sur la chaîne américaine CBS. Bien qu’âgé de près de cinquante ans, le célèbre musicien s’est rapidement intéressé au rock et plus encore lorsque la pop music s’est imposée au cours de cette année 1967. Granier reprend quelques extraits de l’émission qui analysent ce phénomène à travers les groupes du moment.

À tout seigneur, tout honneur, avec les Beatles qui publient Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band, chef-d’œuvre inégalé qui reste la pièce maîtresse de cette année 1967. Les Rolling Stones tentent l’aventure pop avec Their Satanic Majesties Request. Mais malgré le sublime She’s a Rainbow, cette escapade s’avérera périlleuse et on ne les y reprendra plus. Brian Wilson, leader des Beach Boys, les concurrents américains les plus sérieux des Beatles, abandonne le travail sur son album Smile après avoir écouté Sgt. Pepper. Découragé, il sombrera dans une longue et dévastatrice dépression.

Tout cela est brillamment raconté avec une multitude de détails par Frédéric Granier, qui évoque également The Monkees, groupe monté de toutes pièces par des producteurs pour la télévision, mais dont les musiciens se révolteront pour imposer leur propre son. Il revient également sur The Byrds, qui connurent des débuts fracassants avant de rencontrer de multiples difficultés. Bob Dylan n’est pas oublié avec John Wesley Harding, qui ouvre le barde américain à une nouvelle approche musicale après qu’il a électrifié sa guitare.

Granier n’oublie pas non plus le Festival de Monterey, qui se déroula sans encombre et révéla Jimi Hendrix à ses compatriotes après que celui-ci eut séduit l’Europe. Les grandes manifestations qui suivront, comme Woodstock et Altamont, s’avéreront plus compliquées, voire tragiques. Car après cette parenthèse enchantée de 1967, le monde va changer et le ton se durcir, y compris dans la musique, avec les prémices du heavy metal.

Merci à Frédéric Granier de nous éclairer sur cette période bénie, qui donne envie de se replonger dans ces classiques intemporels.

Dominique Grandfils

1967. L’âge d’or de la Pop. 368 pages. Perrin. 23 euros.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *