Paul explique New

janvier 1, 2014 dans Macca

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Voici une traduction de ce que nous dit Paul sur la couverture intérieure de ‘New’

Chers vous,

Désolé de ne pas être revenu plus tôt. Ai été occupé. De nouvelles chansons ne demandaient qu’à être enregistrées. Certaines me sont venues après avoir emmené ma plus jeune fille à l’école. Une tasse de thé dans une main et une guitare dans l’autre je me mettais à creuser dans ce grand trou noir qu’est la musique, et quelques heures plus tard, j’accueillais l’arrivée d’une nouvelle chanson. Certaines me sont venues tard le soir, quand l’inspiration s’invitait alors que j’étais assis au vieux piano qui avait appartenu à mon père et qu’il avait acheté dans le magasin du père de Brian Epstein à Liverpool. D’autres encore sont apparues en studio parmi d’autres « couches » d’instrumentaux improvisés – tout droit sorties du four. Une ou deux me sont venues en vacances, alors que j’étais assis à ne rien faire, battant la mesure dans l’air conditionné de ma chambre quand le soleil brûlant tapait à l’extérieur.
Une fois que j’ai rassemblé ces chansons je me suis demandé avec qui les enregistrer. Je me suis mis à la recherche de producteurs dont j’admirais le travail, et ai pris rendez-vous avec eux. L’idée derrière tout ça était de choisir celui qui sortirait du lot afin d’enregistrer le reste des chansons ensemble. En fait, j’ai aimé travailler avec chacun d’entre eux pour des raisons différentes, et je me suis retrouvé avec quatre producteurs. La seule chose qui m’inquiétait, c’était que les enregistrements, au bout du compte, n’aillent pas les uns avec les autres, mais j’ai compris deux choses : le fait que je chante sur chacune allait les faire tenir ensemble ; et, après tout, les morceaux sur les albums des Beatles étaient souvent très différents les uns des autres et ça a plutôt bien marché !

J’ai d’abord rencontré Paul Epworth, qui avait alors un studio au dessus d’un magasin dans une rue de Londres. Il me dit qu’il avait déjà une idée sur laquelle il pensait que nous pourrions improviser. Il posa son regard sur une des guitares qui se trouvaient là, dans le studio, et dit : « Je me demande quels secrets cette guitare recèle et qui ne demandent qu’à être découverts » Je me suis mis au piano et j’ai commencé à jouer alors que Paul s’est installé à la batterie. La guitare laissa échapper un riff et, très vite, nous nous sommes retrouvés avec le début du premier morceau de l’album, Save us. Ensuite, nous avons enregistré Queenie Eye qui m’avait été inspirée par le refrain d’un jeu traditionnel auquel on jouait dans les rues de Liverpool quand j’étais petit. Plus tard, nous avons adopté la même méthode pour créer Road.

J’ai ensuite travaillé avec Ethan Johns, le fils de mon ami Glyn Johns avec qui j’avais travaillé sur les enregistrements de chansons des Beatles et de Wings. Ethan, un grand barbu de Glastonbury, est un homme avec qui il est facile de s’entendre et j’ai eu le sentiment que son style irait mieux avec mes chansons plus acoustiques. Nous nous sommes rendus à Abbey Road et, assez rapidement, nous avons travaillé sur Hosanna. Plus tard, dans mon studio du Sussex, nous avons enregistré Early Days, une chanson qui évoque les souvenirs de cette époque déterminante pour moi avec John, avant même les Beatles, à nos tout débuts. C’était très agréable de travailler avec de jeunes producteurs dont les approches étaient si différentes. Leurs objectifs étaient les mêmes mais leurs méthodes de travail étaient si variées que cela donnait aux séances d’enregistrement fraîcheur et énergie. Ensemble nous avons terminé plus de morceaux que ceux qui apparaissent sur l’album. Il n’y a aucun doute là-dessus : elles vont sortir quelque part, un jour ou l’autre.
Mark Ronson, un garçon toujours bien sapé, et un très grand producteur, est quelqu’un que je connais en tant qu’ami mais avec qui je n’avais jamais travaillé auparavant. Il a participé à mon mariage avec Nancy en tant que DJ. Il nous a fait danser jusqu’au petit matin, par conséquent j’aimais déjà l’ambiance qu’il mettait et, bien sûr, je connaissais et appréciais les enregistrements qu’il avait fait des chansons d’Amy Winehouse et bien d’autres. Nous nous sommes rencontrés à mon studio du Sussex et avons entamé notre collaboration avec une chanson que j’avais écrite ce matin-là en pensant à notre première session ensemble. Nous avons enregistré New et Alligator, que nous avons terminées dans les studios Avatar de new York. Comme pour les autres producteurs avec lesquels j’ai travaillé, l’énergie qui se dégageait dans le studio était intense et extrêmement agréable.

Fils de George Martin, le producteur génial des Beatles, Giles Martin était quelqu’un que je connaissais plutôt bien. En fait je le connaissais alors qu’il n’était encore qu’une lueur dans les yeux de ses parents. Je l’ai vu grandir et devenir quelqu’un qui a fait le plus gros du travail sur l’album Love des Beatles. Nous avons collaboré au moment des Jeux Olympiques et avions auparavant enregistré une chanson pour un jeu vidéo à sortir. Je lui ai demandé s’il voulait travailler avec moi sur quelques unes de mes nouvelles chansons. Il a accepté, et nous nous sommes rendus au studio Air Lyndhurst au nord de Londres et avons mis à plat les enregistrements de On my way to work, Everybody out there et I can bet. Etape suivante : nous avons emporté tous les morceaux à Los Angeles. Nous avons occupé deux pièces des studios Henson et avons mis les dernières touches aux mixages sous l’œil bienveillant de Kermit la Grenouille. Dans une de ces pièces, Mark « Spike » Stent était prêt à mixer les morceaux. Nous étions dans un autre studio au bout du couloir, et nous nous assurions que la musique était fût pour le mixage. Dès qu’un morceau nous paraissait totalement satisfaisant, nous l’apportions à l’autre studio. Après avoir écouté ce que Spike avait concocté et après quelques modifications, nous retournions dans l’autre studio pour y terminer une autre chanson. Il est arrivé que pour Appreciate et Looking at her, on écrive et enregistre d’autres versions, pour que Spike nous prépare une des recettes dont il a le secret. L’atmosphère était intense et l’impression laissée par cette période était positivement électrique.

Puis est venu le moment de prendre de nombreuses décisions difficiles. Quelles chansons devait-on garder et quelles autres devait-on laisser de côté ? Dans quel ordre les faire apparaitre ? Nous avons pris ces toutes dernières décisions et, à chaque fois que des amis venaient nous rendre visite, on leur faisait écouter l’album. Les managers savaient désormais ce qui avait été décidé. Quand tout a été finalement mis en place, les enregistrements sont partis à Sterling Sound à New York pour y être masterisés afin de vous faire plaisir.
Nous avons mis beaucoup d’énergie et d’efforts dans cet album. Travail difficile ? Non, pas du tout. La musique n’est pas un labeur – c’est un plaisir!

Merci à vous, Love, Paul.

(Et merci à l’amie Mull Of Kintyre pour la traduction)