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Chronique de McCartney III

L’équipe de Maccaclub a eu la chance de pouvoir écouter ce McCartney III qui marque le retour de Paul dans son studio en mode confinement, lui qui n’avait pourtant pas prévu de donner une suite aux deux premiers. Le virus aura au moins servi à ça.

Cette voix devenue si fragile au fil du temps, s’est patinée, flirte parfois avec la justesse au gré des chansons, mais Macca s’en sort toujours mieux dès qu’il s’agit de lever le ton. On peut remarquer, ça et là, quelques effets sur celle-ci. 

Un album qui oscille entre les sonorités actuelles, expérimentales (Long Tailed Winter Bird, Deep Down), la pop proche des albums Chaos and Creation et Egypt Station (Deep Deep Feeling, Seize The Day et FInd My Way), le rock (Lavatory Lil et Slindin’), le côté acoustique, limite folk (Pretty Boys, The Kiss of Venus) et le Macca pur jus (Winter Bird/When Winter Comes) avec une voix de 1992 qui tranche avec l’ensemble. Tout le monde y trouvera son compte.

1. Long Tailed Winter Bird
Un morceau quasi instrumental de plus de cinq minutes, un extrait de 30 secondes a été inclus dans la vidéo de présentation de l’album et donne un très bon résumé du morceau en lui même. Il s’agit d’un thème qui se répète à un peu à la manière du morceau « Squid » (qu’on retrouve en bonus de Flaming Pie dans Oobu Joobu) sans la progression instrumentale. Cela peut paraître un peu long/répétitif.

2. Find My Way

Un morceau dont la Coda a été incluse dans une vidéo de promotion des différentes versions de l’album. Cette coda donne au moins une idée globale du morceau, contrairement aux 30 secondes de « Long Tailed Winter Bird ». Pour faire taire les esprits-chagrins qui critiquent sa voix vieillissante, Macca va encore chercher dans les aigües. Et sans problème. Ce morceau très entraînant qui aurait pu figurer sur Egypt Station, pourrait parfaitement devenir un single.

Les paroles : « I can’t find my way, I know my left and right, cause we’re never closed, I’m open days and night. I know my way around, I walk toward the light, I’m open round the clock, I don’t get lost at night »

3. Pretty Boys

Une ballade à la guitare acoustique avec une voix posée. En écoutant les premières notes à la guitare on pense immédiatement à « Early Days » ou « Happy With You ». 

« You can look but better not touch. Here comes the pretty boys they gonna set your world on fire. Object of desire, preaching to the choirs »

4. Women and Wives

Également une ballade, mais au piano dans laquelle Paul met à l’épreuve sa voix sur  ce message aux femmes, épouses, maris, amants, mères, hommes, sœurs et frères. Pas de quoi réellement s’inquiéter : la voix est en place.

“Hear me women and wives / Hear me husbands and lovers / What we do with our lives / Seems to matter to others”

5. Lavatory Lil

Un blues-rock des plus conventionnels sur lequel Paul vocalise à merveille,  avec des chœurs qui reprennent parfois la voix principale : « Look at for Lavatory Lil », « Watch out for Lavatory Lil », « That’s it for Lavatory Lil ». L’intro fait penser un peu à celle d’ “Helen Wheels” Paul évoque quelqu’un qui devient un poids, un fardeau. Derrière cette  « Lil’ des toilettes » se cacherait l’ex-épouse de Paul : Heather Mills. Une vengeance musicale longuement mûrie ? 

6. Slidin’

Un morceau presque encore plus rock que « Lavatory Lil » qui commence par une introduction de 30 secondes à la guitare. Une pièce plus expérimentale et puissante avec des voix en retrait et une voix criante qui nous dit « Slidin’ through the air »

7. Deep Deep Feeling

Long morceau de plus de huit minutes riche en sonorités. Paul joue également avec sa voix pour exprimer ces émotions et ce sentiment si profond quand on aime quelqu’un. Cette pièce à l’atmosphère mystérieuse commence quasiment a capella (juste un peu de batteries pour accompagner la voix de Paul). Une partie de la mélodie, les « Hey, hey », les chœurs, la voix principale semblent sortie de l’album Chaos and Creation In The Backyard  (ex: Riding To Vanity Fair, I want You To Fly [Face B]). Il y a des répétitions à la fin qui font penser à « Wish You Were Mine » dans « Twenty Five Fingers » mais en bien plus lent, ou à celles de « Despite Repeated Warning » puis un faux ending : le morceau s’arrête, Paul disant « Go Away » puis « Stay » à plusieurs reprises et reprend avec les paroles du début à la guitare acoustique. 

8. The Kiss of Venus

Aux premières notes, on reconnaît « Packed With Illusions », une démo jouée pour le podcast « sodajerker » en 2018, d’ailleurs les mots « Packed With Illusions » ont été conservés. Il ne serait pas étonnant que cette démo se retrouve en bonus d’une des versions de l’album contenant des démos. Il s’agit d’une ballade acoustique, qui peut faire penser à « A Certain Softness ». Paul va chercher les notes très haut. Du classique comme on l’aime. 

9. Seize the Day

« I don’t care to be bad, I prefer to think twice », « I don’t care to wrong, I don’t care to be right ». Un morceau très charmantqui pourrait lui aussi faire office de single.Paul retrouve les claviers pour une douceur pop qui donne envie de profiter du présent (seize the day).

« Il y a cette chanson appelée “Seize The Day” qui fait écho à la pandémie que vous connaissez, «When the cold days come we wish that we had seized the day», ce genre de choses, comme si c’était juste pour me rappeler et pour quiconque écoutait que vous savez que vous feriez mieux de saisir les bonnes choses et, vous savez, d’essayer de traverser cette pandémie. Cela m’a certainement aidé, vous savez. »

10. Deep Down

Un long morceau riche en sonorités. McCartney démontre une nouvelle fois ses capacités de multi-instrumentiste avec classe et prouve qu’il possède le groove.

« I wanna get deep down, I wanna do it right, I wanna look around and spend the time tonight »

11. Winter Bird/When Winter Comes

Medley entre deux chansons, une reprise très courte de 24 secondes: « Long Tailed Winter Bird » puis le morceau de « When Winter Comes » dans sa version d’origine de 1992. Un morceau acoustique enregistré le 3 septembre 1992 avec « Calico Skies » et « Great Day » qui se retrouveront sur l’album Flaming Pie (Paul a d’ailleurs hésité à mettre le morceau dans le remaster/deluxe de Flaming Pie). On connaît son existence depuis des années, mais on peut enfin le découvrir après plus de vingt-cinq ans d’attente. Une belle façon de terminer l’album par quelque chose de très différent du reste mais qui reste très cohérent avec l’ensemble. Le concept d’un morceau qui est repris peut faire penser à « Venus And Mars » et « Venus And Mars (Reprise) » ou encore à « Opening Station, Closing Station » sur Egypt Station.

Paul explique à Loud And Quiet magazine au sujet de ce morceau : « C’est juste moi. J’ai fait un morceau qui s’appelait « Calico Skies » il y a quelques années que George [Martin] a produit. Et en même temps, parce que j’étais en studio et que j’avais une minute de plus, j’avais cette autre chanson, alors j’ai dit: laissez-moi faire celle-ci. C’était « When Winter Comes », et je mentionne George parce que c’était sur une session produite par George Martin, mais c’est juste moi à la guitare. Cela allait presque être un bonus supplémentaire qui allait être sur une réédition de Flaming Pie mais je venais de lire ce super livre sur Elvis, « Last Train to Memphis », et il mentionnait une chanson et ça disait que vous ne l’aviez probablement jamais entendue parce qu’elle était enterrée en bonus sur la face B d’un album. J’ai pensé, non, je préfère avoir ce morceau comme piste. »

Version Japonaise

Par Victor Baissait

Administrateur du maccaclub

3 réponses sur « Chronique de McCartney III »

Allez ! Plus que 4 jours et on saura tout. J’ai tellement aimé ses 2 derniers albums que je ne peux pas être déçu. Paul a 17 ans dans sa tête, pour toujours. Merci pour tout.

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